Please ensure Javascript is enabled for purposes of website accessibility Mois du patrimoine asiatique – L’histoire derrière les blanchisseries chinoises - Union canadienne des employés des transports

Mois du patrimoine asiatique – L’histoire derrière les blanchisseries chinoises

Tout commença autour du projet de chemin de fer du Canadien Pacifique en 1887. Les travailleurs chinois recevaient alors payés 1,00 $ par jour, et à partir de cette menue somme ils devaient payer leur nourriture et leur équipement. Quant aux travailleurs blancs, ils étaient rémunérés de 1,50 $ à 2,50 $ par jour et n’avaient pas à acheter pour leurs provisions. En plus d’être moins bien payés, les travailleurs chinois se voyaient confier les tâches les plus dangereuses, comme la manipulation de la nitroglycérine explosive utilisée pour faire éclater la roche solide. En raison des conditions difficiles auxquelles ils étaient confrontés, des centaines de Canadiens d’origine chinoise travaillant sur le chemin de fer sont morts d’accidents, du froid hivernal, de maladies diverses ou encore de malnutrition.

Une fois leur travail terminé, plusieurs Chinois se déplacèrent vers différentes régions au Canada pour prendre un emploi là où était la demande. Durant ces années, en raison de la discrimination raciale rampante et de bien d’autres facteurs, ces travailleurs connurent des conditions très difficiles – économie difficile, manque de capitaux et problèmes linguistiques.

C’est en raison de ces multiples enjeux que plusieurs Chinois décidèrent alors de travailler dans le domaine des blanchisseries pour gagner leur vie. Pendant une longue période, malgré leurs efforts et leur volonté ils vécurent sous le seuil de pauvreté. Entre les années 1900-1950, une nouvelle vision des blanchisseries vit le jour au Canada grâce aux Chinois. En 1921 à Montréal, on recensait 1 735 Chinois, et environ 368 blanchisseries propriétés de Chinois.

Devant la discrimination raciale de l’époque et l’exclusion qui prévalaient à l’époque, des politiciens exercèrent des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu’il limite fortement le nombre de Chinois, de Japonais et d’Indiens admis au pays. Cette situation, couplée à des conditions de vie difficiles, fit en sorte qu’il pouvait prendre de nombreuses années avant que la réunification familiale se concrétise. Les taxes d’entrée au Canada et les exclusions légales décourageaient l’immigration des membres des familles. Le gouvernement avait en effet augmenté la taxe d’entrée des Chinois au fil des ans. En 1903, elle atteignait 500 $, l’équivalent de 14 800 $ en dollars de 2020. Finalement la Loi de l’immigration chinoise de 1923 interdisait l’entrée de tous les Chinois jusqu’en 1947. Si nous prenons exemple sur Ho King qui était le propriétaire de la Central Laundry de Winnipeg, celui-ci quitta la Chine en 1918 et ne fut rejoint par sa femme qu’en 1959 – après une séparation de 41 ans !

Le travail de blanchisseur d’alors était extrêmement physique, et pouvait avoir des effets nocifs sur la santé et la sécurité des travailleurs dans ce milieu. Un travailleur chinois gagnait 225 $ par année au début des années 1900[1], pour un horaire de 6 heures du matin à minuit, sept jours sur sept et ce, dans des conditions très pénibles. Les syndicats de l’époque n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Peu de militants se battaient pour les droits des travailleurs canadiens. Vu les idéologies qui prévalaient à cette période l’époque et le manque de ressources, les Chinois finirent par créer leur propre syndicat afin de revendiquer des droits, de jouir de conditions de travail humaines, et d’avoir une vie décente.

Déterminés à changer leurs dures conditions de travail, un groupe de quatre-vingt-dix de ces travailleurs se réunirent en mai 1906 pour former Sai Wah Tong, le syndicat chinois des travailleurs de la blanchisserie. Ils exigèrent des salaires plus élevés, une journée de travail de 13 heures, une pause déjeuner de deux heures, et une journée de congé le dimanche. Après avoir réussi à organiser une journée de grève en novembre, les travailleurs virent leur salaire mensuel passer de 15$ à 25$.

Plusieurs Chinois se sont inspirés de ce mouvement pour avoir des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Le succès ne sera jamais comparable à celui des blanchisseurs, mais il faut reconnaître que certaines améliorations eurent lieu pour ces travailleurs canadiens de l’époque. Entre 1916 et 1920, les travailleurs canadiens d’origine chinoise commencèrent à s’organiser pour former leurs propres syndicats, notamment le Chinese Railroad Workers, le Chinese Canadian Labour Union, le Chinese Cooks’ Union et le Chinese Restaurant Workers Union. L’Association chinoise du travail qui vit le jour en 1916, mena plusieurs grèves. En 1918, l’association comptait plus de 500 membres.

À la fin des années 1940, la mécanisation d’une part, et le vieillissement des premiers immigrants chinois au pays d’autre part, entraînèrent la disparition petit à petit des blanchisseries chinoises. Ces militants chinois ont apporté une grande contribution à la population canadienne d’aujourd’hui et ont marqué l’histoire. Ils se sont battus pour leurs vies et auront marqué l’histoire des premiers immigrants chinois victimes de toutes sortes de mesures de discrimination pendant plus d’un demi-siècle. Il est important de se rappeler de ces moments d’histoire pour comprendre pourquoi il est toujours et encore aussi fondamental de se battre contre la discrimination aujourd’hui.

 

https://syndicatafpc.ca/moments-gens-qui-ont-marque-syndicalisme-canado?_ga=2.188307048.1771725424.1653418190-1476688755.1636553290

https://www.museedelhistoire.ca/cmc/exhibitions/hist/phase2/mod5f.html ­

https://www2.gov.bc.ca/gov/content/governments/multiculturalism-anti-racism/chinese-legacy-bc/history/building-the-railway

https://ourtimes.ca/article/early-chinese-worker-militancy-in-bc

[1] https://ourtimes.ca/article/early-chinese-worker-militancy-in-bc

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